Amel Bent et la double nationalité algérienne : ce que révèle cette démarche sur son histoire familiale
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Amel Bent fait partie de ces artistes françaises qui n’ont jamais cherché à effacer leurs racines pour exister sur scène. Depuis ses débuts, la chanteuse parisienne assume pleinement ses origines algériennes, héritées de son père, et ne s’est jamais cachée derrière une image lissée. C’est justement cette fidélité à ses racines qui l’a conduite, en 2025, à entreprendre une démarche administrative chargée de sens : obtenir officiellement la nationalité algérienne, alors qu’elle y était déjà éligible par filiation sans jamais en avoir formalisé l’existence.
Cette histoire, racontée par l’artiste elle-même lors d’une interview diffusée le 12 juin 2026 dans l’émission Légendes Urbaines, dépasse largement le simple fait divers people. Elle interroge la manière dont une partie de la diaspora franco-algérienne vit son rapport à la double appartenance, entre attachement affectif au pays d’origine des parents et complexité des démarches administratives qui régissent les voyages, les successions ou même, comme ici, l’organisation d’un enterrement à l’étranger. Pour comprendre pourquoi cette décision a pris une dimension aussi symbolique pour Amel Bent, il faut revenir sur le parcours de l’artiste, sur le rôle central qu’a joué sa grand-mère Aïcha dans la transmission de cet héritage, et sur les circonstances douloureuses qui ont précipité cette prise de conscience.
Née à Paris en 1985, Amel Bent s’est révélée au grand public en 2004 grâce à sa participation au télécrochet Nouvelle Star, diffusé sur M6. Plus de vingt ans après, elle reste une figure incontournable de la chanson française, multipliant les incursions dans le cinéma et occupant, pendant plusieurs saisons, un siège de coach dans The Voice. Mère de trois enfants, elle a toujours entretenu une relation de proximité avec son public, partageant aussi bien les étapes marquantes de sa carrière que les moments plus intimes de sa vie de famille. C’est dans ce cadre qu’elle avait évoqué, en 2023, le décès de sa grand-mère Aïcha, survenu après une chute, un drame qui l’a éloignée des studios d’enregistrement pendant près d’un an avant qu’elle ne retrouve le chemin de la création musicale pour combler, selon ses propres mots, le vide laissé par cette disparition.
Une grand-mère « garante » de l’identité familiale
Pour saisir l’ampleur de la décision prise par Amel Bent en 2025, il faut d’abord comprendre la place qu’occupait Aïcha dans la construction identitaire de toute la famille. Interrogée par Télé 7 Jours la même année, la chanteuse avait décrit sa grand-mère comme la dépositaire de tout ce que la famille représentait : les origines, les valeurs, la mémoire collective transmise de génération en génération. Cette figure matriarcale incarnait, à elle seule, le lien vivant entre la France où la famille s’est construite et l’Algérie dont elle est issue.
C’est précisément ce rôle de transmission qui explique pourquoi la disparition d’Aïcha a agi comme un déclencheur. Tant que la grand-mère était là, le lien avec l’Algérie restait incarné, presque automatique. Sa disparition a brutalement mis en lumière un manque : celui d’un papier, d’un statut officiel, qui aurait pu simplifier des démarches devenues soudainement urgentes et chargées d’émotion.





