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Affaire Patrick Bruel : Karine Viseur raconte sa plainte pour agression sexuelle présumée

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Le témoignage de Karine Viseur relance une affaire judiciaire déjà largement commentée dans la presse française. Attachée de presse dans le milieu du cinéma, elle a choisi de sortir de l’anonymat pour évoquer des faits remontant à plus de trente ans, qu’elle qualifie d’agression sexuelle. Son récit, recueilli par La Tribune Dimanche, vient s’ajouter à une série de témoignages qui visent le chanteur Patrick Bruel depuis le début de l’année.

Cette affaire, qui a pris une ampleur considérable depuis la publication d’une enquête de Mediapart le 8 mars dernier, illustre un phénomène de société plus large : celui de la libération de la parole des victimes présumées de violences sexuelles, parfois des décennies après les faits. Un mouvement qui interroge directement le droit, la prescription pénale, et les mécanismes de la justice française et belge.

Une affaire qui s’est construite témoignage après témoignage

Tout commence avec l’enquête publiée par Mediapart, qui donnait la parole à huit femmes évoquant des comportements qu’elles attribuent à Patrick Bruel. Dans les semaines suivantes, d’autres récits sont venus s’ajouter à ce premier ensemble, notamment dans le magazine Elle et dans un second volet d’enquête signé par Mediapart. Parmi les voix qui se sont élevées, celle de l’animatrice Flavie Flament a particulièrement marqué l’opinion publique.

Karine Viseur fait partie de ces femmes qui ont décidé de ne plus se taire. Le 24 mars, elle a formellement déposé plainte pour agression sexuelle, concernant des faits qu’elle situe en 1991, dans les locaux de la RTBF à Bruxelles, à l’occasion de la promotion du film Comme les cinq doigts de la main.

Le récit d’une journée de promotion qui bascule

Dans son témoignage, Karine Viseur revient en détail sur cette journée qu’elle dit n’avoir jamais oubliée. Elle est alors chargée d’accueillir l’équipe du film à Bruxelles. Dès les premiers échanges, elle décrit un climat particulier : Patrick Bruel se montrerait satisfait d’avoir affaire à une attachée de presse qui correspond à ses goûts. Le trajet en voiture donne lieu à des remarques qu’elle qualifie d’abord d’anodines, avant que l’atmosphère ne se dégrade progressivement.

Selon son récit, les propos deviennent plus insistants et des contacts physiques s’imposent sans qu’elle les ait sollicités. Elle explique avoir dû esquiver des gestes répétés, dans une indifférence générale de l’équipe présente, qui n’aurait pas réagi, la place centrale occupée par l’artiste dans le projet semblant dissuader toute intervention. Cette ambiance, dit-elle, a nourri un sentiment d’impunité, à une époque où la notoriété du chanteur était à son apogée.

Un premier épisode dans la loge

Karine Viseur situe un premier moment de tension dans la loge du chanteur, juste avant une intervention prévue au journal télévisé de la RTBF. Elle raconte s’être retrouvée plaquée contre lui sans l’avoir anticipé, avec un contact physique qu’elle n’a pas choisi. Pour mettre fin à la situation, elle invoque un prétexte lié à son maquillage.

La scène qu’elle décrit comme une agression sexuelle

C’est un peu plus tard, alors qu’elle accompagne Patrick Bruel vers les toilettes à sa demande, que se produirait l’épisode le plus grave de son témoignage. Elle explique avoir été attirée dans la pièce, la porte se refermant à clé derrière eux. Selon son récit, plusieurs gestes non consentis auraient alors eu lieu, malgré des refus répétés de sa part. Elle affirme avoir fini par parvenir à se dégager.

Elle insiste sur un détail qui l’a marquée durablement : l’attitude du chanteur immédiatement après les faits, qu’elle décrit comme redevenue parfaitement neutre, avant qu’il n’entre en plateau comme si de rien n’était.

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