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BIEN ETRE

Crash de Tomblaine : ce que révèle le rapport préliminaire du BEA sur l’accident du Pilatus PC-6

🚨,À l'instant : un avion transportant plus de 100 passagers s'écrase à… Voir plus👇🏻

Le 28 juin, un avion de parachutisme s’est écrasé à Tomblaine, en Meurthe-et-Moselle. Onze personnes ont perdu la vie. Le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (BEA) a rendu public son rapport préliminaire, qui retrace les derniers instants du vol. On y trouve des témoignages de fumée dans la cabine, une chute brutale d’un paramètre moteur et une perte de contrôle très rapide. Ce document ne donne pas encore la cause de l’accident, mais il pose les questions sur lesquelles se concentre l’enquête : le turbopropulseur, le circuit carburant, la maintenance de l’appareil et l’origine de la fumée.

Une fumée signalée dès le décollage de Nancy-Essey

Le Pilatus PC-6 décolle de l’aérodrome de Nancy-Essey avec onze personnes : le pilote, cinq moniteurs de parachutisme et cinq élèves. Selon le rapport, rien d’anormal n’est signalé jusqu’au moment où le train avant quitte la piste.

À cet instant, un moniteur installé à l’arrière de la cabine s’exclame : « Ça fume ! » Il désigne l’avant droit de l’appareil. Le pilote, concentré sur la phase de décollage, ne perçoit pas l’alerte.

Quelques secondes plus tard, un deuxième moniteur, placé au milieu de la cabine, confirme à son tour la présence de fumée. Il montre la même zone, près du plancher, et répète l’alerte. Face à cette situation, les moniteurs, formés aux situations d’urgence, entrouvrent la porte latérale pour évacuer la fumée. C’est un réflexe compréhensible. Il pourrait cependant avoir modifié le comportement aérodynamique de l’avion, ce que l’enquête devra établir.

Cette séquence est centrale, car elle montre que plusieurs occupants ont repéré une anomalie avant la perte de contrôle. Pourtant, aucune des caméras GoPro embarquées ni aucune des vidéos tournées au sol ne montre de fumée visible. Les enquêteurs doivent donc s’appuyer sur les témoignages, recueillis avec précaution.

Paramètres moteur en baisse, inclinaison accrue et décrochage

Dans les secondes qui suivent l’apparition de la fumée, les données de vol montrent un changement net. Le régime du générateur de gaz, élément clé du turbopropulseur, chute d’environ 10 %. Dans le même temps, l’avion augmente son inclinaison, puis décroche.

L’enchaînement est très rapide. Selon les éléments disponibles, le pilote n’a pas eu le temps de réagir. Les enquêteurs cherchent maintenant à savoir si la fumée provenait d’un début d’incendie ou d’une défaillance mécanique. Les données enregistrées par les instruments de vol sont partielles et toujours en cours d’analyse. Elles pourraient permettre de reconstituer les dernières actions du pilote.

Un pilote expérimenté, un appareil dans ses limites

Le pilote avait 44 ans et totalisait environ 10 500 heures de vol. Ce jour-là, il effectuait sa sixième rotation avec cet appareil, et rien ne laissait présager de difficulté.

Le BEA a aussi vérifié les conditions du décollage. L’avion pesait 2 590 kg, sous la limite maximale de 2 800 kg. Son centre de gravité se situait dans les tolérances prévues, et les conditions météorologiques étaient bonnes. À ce stade, ces éléments n’expliquent donc pas une perte de contrôle aussi brutale.

Plusieurs points de l’enquête restent à éclaircir, notamment l’origine exacte de la fumée et la place qu’a pu prendre la porte entrouverte dans la chute de l’appareil.

Ce que les enquêteurs ont observé sur place pourrait toutefois changer la lecture de ces premières secondes de vol, et c’est ce que détaille la suite de l’article → Découvrez en page 2 les flammes aperçues après l’impact, la maintenance de l’appareil et les pistes explorées par le BEA.

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