Budget 2025 : Un Plan d’Économies de 60 Milliards d’Euros pour Redresser les Finances Publiques
Après les annonces de Bayrou, un appel à la mobilisation est lancé...

L’Héritage du Gouvernement Attal : 15 Milliards Déjà Planifiés
Le gouvernement démissionnaire de Gabriel Attal avait déjà initié ce travail d’économies durant l’été 2024, avant même la nomination du nouveau Premier ministre. Ces premières mesures représentent 15 milliards d’euros de réduction des dépenses, détaillées dans les lettres-plafonds envoyées aux différents ministères en août.
Cette planification anticipée témoigne de la continuité de la politique budgétaire française, indépendamment des changements politiques. Pour plusieurs ministères, les crédits alloués n’ont pas été ajustés en fonction de l’inflation, entraînant mécaniquement une diminution de leurs budgets opérationnels.
Les 5 Milliards Restants : Des Mesures à Définir
Il reste encore 5 milliards d’euros d’économies à réaliser pour atteindre l’objectif des 40 milliards. À ce jour, le gouvernement n’a pas communiqué d’informations détaillées sur les solutions envisagées pour cette tranche finale.
Par manque de temps, ces 5 milliards ne figureront pas dans le projet de loi de finances initial, précise Bercy. Des amendements seront déposés ultérieurement, permettant d’affiner la stratégie en fonction des évolutions économiques et politiques.
Contribution des Opérateurs de l’État
En parallèle des économies ministérielles, les opérateurs de l’État devront également participer à l’effort collectif. Leur contribution est chiffrée à un milliard d’euros supplémentaires, répartie entre l’ensemble de ces organismes publics.
Cette approche globale permet d’impliquer tous les acteurs de la sphère publique dans l’effort de redressement, garantissant une meilleure équité dans la répartition des économies.
Réforme des Dépenses Sociales : 13 Milliards d’Euros d’Économies
Report de l’Indexation des Retraites : Une Mesure Controversée
Pour obtenir les 20 milliards d’euros d’économies restantes, l’État prévoit de limiter les dépenses sociales d’environ 13 milliards d’euros. La principale mesure consiste à décaler l’indexation des retraites sur l’inflation du 1er janvier au 1er juillet.
Cette revalorisation des pensions, estimée autour de 1,8%, représente un enjeu financier et social majeur. Gilbert Cette, président du Conseil d’orientation des retraites (COR), a précisé sur franceinfo que “pour un retraité qui bénéficie d’une pension de 1 500 euros, l’effort sera de 15 euros par mois pendant les six mois de janvier à juin”.
Impact Financier et Social de la Mesure
Au total, cette mesure devrait rapporter 4 milliards d’euros aux caisses de l’État, représentant une économie substantielle dans le budget social. Cependant, cette décision soulève des questions importantes concernant le pouvoir d’achat des retraités, particulièrement vulnérables aux effets de l’inflation.
L’équilibre entre assainissement budgétaire et protection sociale constitue l’un des défis majeurs de cette réforme, nécessitant une communication transparente sur les enjeux et les alternatives envisagées.
Maîtrise des Dépenses d’Assurance-Maladie
Le gouvernement souhaite également mettre à contribution la Sécurité sociale en ralentissant la progression des dépenses d’assurance-maladie. Cette approche vise à optimiser l’efficacité du système de santé tout en préservant la qualité des soins.
Les collectivités locales – communes, départements et régions – seront également appelées à mieux maîtriser leurs dépenses, dans une logique de responsabilisation de l’ensemble des acteurs publics.
Réforme Fiscale : Nouvelles Contributions pour Entreprises et Particuliers
Hausse d’Impôts pour les Grandes Entreprises
Du côté des recettes, le gouvernement anticipe 20 milliards d’euros supplémentaires en 2025 grâce à plusieurs nouvelles mesures fiscales. Le Premier ministre a évoqué “une participation au redressement collectif” pour les “grandes et très grandes entreprises qui réalisent des profits importants”.
Laurent Saint-Martin, ministre délégué chargé du Budget et des Comptes publics, s’est montré favorable à une participation “exceptionnelle” pour les entreprises réalisant plus d’un milliard d’euros de bénéfice. “Il faut que toutes les grandes entreprises, chacune comme elles le peuvent, et par rapport à leur secteur d’activité, contribuent”, a-t-il précisé.



