Crash aérien en Colombie : 15 morts dont un député, la tragédie du vol Satena qui bouleverse le pays
Un avion s’est écrasé à l’instant, avec plus de 244 personnes à bord… En savoir plus

L’atterrissage était prévu aux alentours de 12h05. Mais à 11h54, soit à peine douze minutes après le décollage et environ onze minutes avant l’heure d’arrivée estimée, l’avion a cessé d’émettre tout signal. Le contact avec le contrôle du trafic aérien était définitivement rompu. Selon les données recueillies par le service de suivi de vols Flightradar, l’appareil évoluait à ce moment-là à une altitude d’environ 7 900 pieds, au-dessus d’un relief escarpé situé entre les communes d’Ábrego et de La Playa, dans le département du Norte de Santander.
La localisation de l’épave grâce au signal d’un téléphone portable
Les équipes de recherche et de secours ont été immédiatement mobilisées. La compagnie Satena a indiqué dans un communiqué officiel que “tous les moyens disponibles ont été activés, en coordination avec le centre de commandement et de contrôle de la Force aérospatiale colombienne et la Direction technique d’enquête sur les accidents de l’Aviation civile”. L’objectif était de retrouver l’appareil dans les plus brefs délais, dans un environnement montagneux particulièrement hostile.
C’est finalement un signal inattendu qui a permis de localiser les débris : le téléphone portable du député Diogenes Quintero, l’une des personnalités politiques présentes à bord, a continué d’émettre un signal après le crash. Ce détail poignant a été révélé par ses collègues parlementaires. Grâce à cette localisation, les équipes ont pu se diriger vers le lieu du crash et confirmer rapidement qu’il n’y avait “pas de survivants”, selon les termes de l’autorité aéronautique colombienne.
Les victimes : un député, des candidats aux législatives et des civils
Diogenes Quintero, une figure politique emportée dans la tragédie
Parmi les quinze victimes du crash figurait Diogenes Quintero, membre de la Chambre basse du Parlement colombien depuis 2022. Âgé de 36 ans, cet élu originaire de la région du Catatumbo — une zone frontalière connue pour ses tensions liées aux activités illicites et aux groupes armés — était en campagne pour sa réélection aux législatives prévues en mars 2026. Candidat de centre droit, il représentait pour beaucoup une voix engagée en faveur du dialogue et de la reconstruction sociale dans une région meurtrie par des décennies de violences.
Sa disparition a suscité une vive émotion dans les milieux politiques colombiens, toutes tendances confondues. La vice-présidente Francia Marquez a exprimé sa tristesse sur le réseau social X, soulignant que “son travail a toujours été dédié à la construction de la paix”. Un hommage qui résume à lui seul l’engagement de cet élu pour une région qui en a tant besoin.
Carlos Salcedo et les autres passagers
Également à bord se trouvait Carlos Salcedo, lui aussi candidat à un siège de député lors des prochaines législatives. Sa mort, tout comme celle de Diogenes Quintero, prive le Norte de Santander de deux voix politiques actives à quelques semaines d’un scrutin majeur. Les identités des autres passagers n’ont pas toutes été rendues publiques dans l’immédiat, les autorités colombiennes privilégiant la notification préalable des familles.
La réaction des autorités colombiennes
Le président Petro et la cellule de crise
Le président de la République Gustavo Petro a réagi rapidement sur le réseau social X pour exprimer ses condoléances. “Je déplore profondément ces morts”, a-t-il écrit, avant de transmettre “toute sa solidarité aux familles” des victimes. Cette prise de parole rapide du chef de l’État illustre la gravité de l’événement dans le paysage politique national, d’autant que parmi les défunts figuraient des élus d’une sensibilité idéologique opposée à la sienne.



