« Une misère… » : François Hollande brise le silence sur sa retraite d’ancien président. Le montant qu’il touche va vous surprendre !

Dans un climat sociopolitique alourdi par les crispations autour du chantier houleux des retraites, François Hollande, figure politique au verbe souvent mesuré mais toujours percutant, a décidé de faire une sortie médiatique inhabituelle. Le 6 février, sur le plateau de BFMTV, face à Apolline de Malherbe, l’ancien président a choisi de jouer la carte de la transparence en évoquant de manière frontale le montant de sa pension. Cette initiative, qui se voulait exemplaire dans une époque saturée de défiance, n’a pourtant pas apaisé les interrogations. Bien au contraire, elle a levé une onde de suspicion et d’analyse minutieuse, obligeant l’intéressé à apporter des précisions auprès du service CheckNews du journal Libération.
L’annonce initiale semblait anodine. Hollande, d’un ton calme et assuré, affirme percevoir « une retraite de 11 ou 12 000 euros ». Une fourchette qu’il présente comme un simple estimatif, sans fioritures, sans emphase. Toutefois, cette déclaration a rapidement été mise en doute par une partie de l’opinion publique, toujours prompte à flairer la dissimulation là où la parole politique semble trop arrondie, trop arrangée. Et c’est à ce moment précis qu’entre en scène la mécanique inquisitrice de CheckNews, déterminée à confronter les mots à la matérialité des chiffres.
Les résultats de cette vérification dessinent un tableau plus dense, plus nuancé. En réalité, la retraite de François Hollande ne se limite pas à une simple estimation linéaire. Elle est le fruit d’un empilement de fonctions passées, chacune donnant droit à des émoluments bien distincts. En sa qualité d’ancien président de la République, il reçoit chaque mois 5 553 euros nets. À cela s’ajoute 6 223 euros liés à ses années passées comme député de la Corrèze, 3 591 euros au titre de sa carrière de magistrat à la Cour des comptes, ainsi qu’environ 240 euros provenant de ses mandats municipaux et départementaux — une portion volontairement résiduelle, puisqu’il avait renoncé à une large part de ces droits pendant son mandat de maire, au nom de la déontologie.
L’addition de ces montants donne un total mensuel avoisinant les 15 600 euros nets. Une somme qui dépasse très largement la fourchette évoquée à l’antenne. Interrogé par CheckNews, Hollande a alors tempéré cette divergence en expliquant que le chiffre initialement cité représentait un montant brut avant prélèvements obligatoires, et que le net après impôt à la source s’élèverait à 10 973 euros précisément.
Mais la précision comptable ne suffit pas à effacer les perceptions. Cette dissonance entre la parole publique et la vérification objective révèle un malaise plus profond : la défiance endémique à l’égard des élites, nourrie par l’impression persistante que certains vivent dans une sphère de confort inatteignable pour le commun des citoyens. Et ce, au moment même où l’exécutif s’attelle à imposer une réforme jugée brutale par une large partie de la population.
Car la réforme des retraites portée par Élisabeth Borne ne cesse de diviser. L’article 7 du projet, en particulier, cristallise les crispations en relevant l’âge légal de départ à 64 ans. Pour beaucoup, c’est une ligne rouge franchie, un point de bascule psychologique dans la perception d’un contrat social déjà fragile. Et sur ce point, Hollande ne se dérobe pas. Malgré le confort que lui offre sa propre retraite, il reconnaît que cette réforme suscite un sentiment profond d’injustice. Selon lui, elle arrive à contretemps, dans une conjoncture déjà chaotique, marquée par une inflation galopante, une économie fragilisée et des tensions internationales accrues.



