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Violences Conjugales et Féminicides : Une Évolution du Langage et des Politiques Publiques

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Les défis de l’application judiciaire

La surcharge du système judiciaire

Depuis 2019, l’arsenal législatif s’est considérablement étoffé. Les procédures de dépôt de plainte ont été simplifiées, et la formation des forces de l’ordre et des magistrats ne cesse d’être renforcée. Néanmoins, seulement une femme sur quatre porte plainte.

Les tribunaux croulent sous les dossiers, au point que les affaires de violences conjugales sont de plus en plus traitées en comparutions immédiates. Cette situation constitue « une catastrophe », selon les avocats, car elle ne permet pas le travail de fond nécessaire.

L’accompagnement juridique innovant

Depuis 2016, Juridica, filiale juridique du groupe Axa, a développé un programme d’accompagnement remarquable. Cette structure, comptant 75% de femmes dans ses équipes, propose des avocats bénévoles pour aider les victimes de violences conjugales. Plus de 1000 femmes ont ainsi été écoutées et accompagnées dans leurs démarches.

Les cinq réflexes essentiels selon Juridica :

  1. Identifier les violences : elles ne se limitent pas aux violences corporelles, mais incluent les violences économiques et psychologiques
  2. Accueillir la victime dans un cadre sécurisant avec écoute attentive et rappel de la loi pour qu’elle comprenne l’anormalité de sa situation
  3. Constater les blessures : quel que soit le type de violence, établir un constat médical auprès d’un médecin ou d’une unité médicale de justice
  4. Évaluer les dangers potentiels et informer sur les démarches possibles, incluant le dépôt de plainte et l’assistance juridique
  5. Rediriger vers des associations spécialisées ou des services d’aide appropriés

Le financement de la lutte contre les violences conjugales

Les initiatives philanthropiques

Depuis 2016, la Fondation des femmes mobilise des fonds auprès du grand public pour compléter le budget étatique. Elle a collecté 7 millions d’euros depuis sa création, intégralement reversés aux associations spécialisées.

Cette année, un fonds d’urgence « associations en danger » a été créé pour éviter la fermeture de structures faute de moyens suffisants. Selon Anne-Cécile Mailfert, fondatrice et présidente de ce réseau philanthropique, « beaucoup de choses ont évolué depuis #MeToo. Un consensus s’est établi : il n’est plus acceptable que les hommes s’approprient le corps des femmes ».

L’aide financière aux victimes

La loi n°2023-140 du 28 février 2023 permet aux victimes de bénéficier d’une aide d’urgence sous forme de prêt ou de don. Cette assistance financière est accordée aux personnes disposant d’une ordonnance de protection, d’un signalement au procureur ou d’une preuve de plainte.

Les moyens actuels : un défi d’ampleur

L’alerte de la Fondation des femmes

La Fondation des femmes tire la sonnette d’alarme concernant l’inadéquation des moyens déployés. « La prise de conscience politique n’est ni à la hauteur, ni dans la même temporalité d’urgence que l’évolution sociétale. Les moyens existent, mais nous sommes dans un rapport de 1 à 15 avec ce qui devrait être débloqué pour répondre convenablement », alerte l’organisation.

Au niveau national, il faudrait doubler le nombre de magistrats spécialisés pour traiter efficacement l’ensemble des dossiers de violences conjugales.

Conclusion : vers une transformation nécessaire

L’évolution du langage autour des violences conjugales et des féminicides reflète une prise de conscience progressive mais insuffisante. Malgré les avancées législatives et les initiatives associatives, la France doit encore relever des défis majeurs.

La transformation des mentalités, l’amélioration de l’arsenal judiciaire et l’augmentation des moyens financiers constituent les piliers d’une lutte efficace contre les violences conjugales. Seule une mobilisation collective permettra de protéger les victimes et de prévenir ces drames qui touchent des milliers de femmes chaque année.

L’enjeu dépasse la simple répression : il s’agit de construire une société égalitaire où les violences conjugales n’auront plus leur place. Cette ambition nécessite l’engagement de tous les acteurs : institutions, associations, citoyens et médias pour créer un environnement protecteur et bienveillant pour toutes les femmes.

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