Olivier de Kersauson : Un Navigateur Légendaire Face à la Maladie et à l’Adversité
Olivier de Kersauson en larmes a découvert qu'il est...😢 💔👇Voir plus

Un Homme qui « Garde le Cap » malgré la Tempête
La métaphore nautique convient naturellement à Olivier de Kersauson. Tout au long de sa vie, il a appris à naviguer sur des mers houleuses, à anticiper les tempêtes, à ajuster ses voiles en fonction des conditions changeantes. Cette expertise, acquise au cours de décennies passées sur l’océan, semble informer sa manière d’aborder les défis médicaux actuels.
Le terme qu’il emploie pour décrire son attitude — « garder le cap » — n’est pas anodin. Il évoque la navigation, bien sûr, mais il porte aussi une signification métaphorique plus large. Garder le cap, c’est maintenir sa direction malgré les obstacles, c’est refuser de se laisser dévier par les tempêtes circonstancelles. C’est aussi reconnaître que la route tracée peut être modifiée, mais que l’intention générale — continuer à vivre, à avancer — demeure inébranlable.
Cette attitude de persévérance silencieuse mais résolue contraste fortement avec d’autres approches possibles face à une telle adversité. Certains choisissent le déni, d’autres la panique ou la dépression. Kersauson, lui, semble avoir opté pour une forme de pragmatisme bienveillant envers lui-même — accepter la réalité sans s’y soumettre, reconnaître les défis sans y être écrasé.
Les Mémoires d’une Vie Bien Vécue : Un Testament Littéraire
En fin 2024, Olivier de Kersauson a publié un ouvrage intitulé « Avant que la mémoire ne s’efface. Quelques propos maritimes » aux éditions du Cherche Midi. Ce livre représente bien plus qu’une simple autobiographie : c’est un véritable testament, un effort conscient de préserver et transmettre les leçons accumulées au cours d’une vie extraordinaire.
L’intérêt de ce projet éditorial est particulièrement saisissant lorsqu’on le considère dans le contexte de la santé actuelle de l’auteur. En se donnant pour mission de fixer par écrit ses souvenirs, ses réflexions et ses enseignements, Kersauson a anticipé, consciemment ou non, les défis que représenterait la conservation de ses pensées dans un contexte de maladie. Cette démarche révèle une grande lucidité : celle de quelqu’un qui comprend l’importance de laisser une trace durable.
Lors d’une interview au Journal du Dimanche en janvier 2025, le navigateur s’est ouvert sur les thèmes explorés dans ses mémoires. Sans détour, il a abordé des questions aussi profondes que celle du rapport à la mort et du sens de l’existence. Ces discussions, loin d’être des divagations philosophiques abstraites, prenaient racine dans une vie concrète, marquée par des expériences extrêmes et des rencontres déterminantes.
La Mort Envisagée avec Sérénité : Une Sagesse Acquise par l’Expérience
Parmi les révélations les plus intrigantes du livre et des interviews qui l’ont accompagné, figure la position singulière de Kersauson face à la mort. Cette question, généralement taboue dans nos sociétés, devient chez lui un sujet de réflexion tranquille et même, d’une certaine manière, apaisante.
« Je n’ai pas envie de mourir. Mais je ne crains pas de mourir », déclare-t-il avec une clarté brutale. Cette formulation mérite une attention particulière car elle résout brillamment une tension apparente qui traverse beaucoup de réflexions existentielles. Il y a une différence profonde entre ne pas vouloir mourir (une préférence naturelle pour la vie) et craindre la mort (une anxiété générée par l’incertitude et l’inconnu).
Kersauson poursuit cette pensée avec une logique implacable : « Cela ne sert à rien d’avoir peur d’un truc contre lequel tu ne peux rien faire. Nul ne sait ni le jour ni l’heure… La peur ne construit rien. »
Cette affirmation repose sur un pragmatisme que les philosophies stoïques et les traditions contemplatives ont exprimé sous différentes formes. La peur face à l’inévitable est effectivement improductive — elle ne change rien à la nature des choses, elle ne prévient rien, elle ne guérit rien. Elle nuit simplement à la qualité de la vie présente. Comment, dès lors, justifier son investissement énergétique dans une telle émotion ?
Le navigateur conclut cette réflexion avec une affirmation qui synthétise sa philosophie de vie : « Le merveilleux de l’homme, c’est dans l’effort, pas dans la crainte ! Le reste n’a pas d’intérêt. »





