Affaire Lyhanna : obsèques, marche blanche et colère nationale face aux failles de la justice
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7 juin 2026 : la marche blanche de Fleurance, un hommage collectif
Trois jours après la découverte du corps, et moins de dix jours après la disparition de la petite Lyhanna, Fleurance se transforme en lieu de recueillement national. Environ 6 000 personnes — un chiffre considérable pour une commune de taille modeste — se rassemblent pour rendre hommage à la fillette. Parmi elles, la famille de Lyhanna, des habitants de la commune, mais aussi des citoyens venus de toute la France pour exprimer leur solidarité et leur indignation.
La marche blanche, tradition du deuil public en France depuis l’affaire Dutroux et les mobilisations des années 1990, revêt ici une dimension particulière. Elle n’est pas seulement un hommage : elle devient le point de départ d’un mouvement de contestation populaire face aux dysfonctionnements présumés de l’appareil judiciaire.
8 juin 2026 : les obsèques annoncées, la France dans la rue
L’avis d’obsèques publié dans La Dépêche du Midi
Le lundi 8 juin, La Dépêche du Midi publie l’avis de décès et d’obsèques de Lyhanna. Selon cet avis, les obsèques civiles sont fixées au vendredi 12 juin 2026 à 14h30, au cimetière de Fleurance. Les personnes souhaitant apporter des fleurs sont invitées à les faire livrer à la chambre funéraire de la ville, avenue Léonard de Vinci.
L’avis mentionne les proches de la fillette : ses parents, son petit frère Tayler, ses grands-parents, son oncle et sa tante, ainsi que l’ensemble de ses “parents, amis et alliés”, selon la formule consacrée. Un texte sobre et douloureux, qui rappelle à quel point la mort d’un enfant laisse un vide impossible à combler.
Des manifestations dans plus d’une centaine de villes françaises
Le même jour, la mobilisation prend une ampleur nationale. Dans plus de cent villes à travers la France, des citoyens descendent dans la rue pour exprimer leur colère. Non pas seulement contre l’individu suspecté du meurtre, mais contre un système judiciaire qui aurait, selon eux, laissé passer de multiples signaux d’alarme.
Les failles du système judiciaire au cœur de la colère populaire
Un suspect visé par de nombreuses procédures antérieures
Ce qui choque profondément l’opinion publique, c’est la révélation que Jérôme B. était visé par au moins neuf procédures judiciaires pour viols et agressions sexuelles sur mineurs, et ce bien avant la disparition de Lyhanna.
La chronologie des signalements est accablante :
- Décembre 2017 : un premier signalement est déposé par la mère d’une lycéenne de 17 ans, qui dénonce une relation inappropriée entre sa fille mineure et l’homme, alors âgé de 32 ans.
- 2020 : une procédure disciplinaire est engagée après un comportement jugé inapproprié envers une élève au lycée Maréchal-Lannes de Lectoure. L’homme est finalement licencié.
- Janvier 2022 : une plainte est déposée dans le Pas-de-Calais pour viol présumé sur une mineure de 15 ans, pour des faits qui auraient été commis en 2020 sur une enfant de 7 ans à son domicile.
- Été 2025 : une nouvelle plainte est enregistrée à Toulouse, pour des viols présumés commis entre septembre 2024 et mai 2025 sur une amie de sa fille, âgée d’environ dix ans.
Dans chacun de ces cas, la procédure a été classée sans suite, ou l’intéressé n’avait pas encore été convoqué pour être entendu. Ce sont ces révélations qui ont mis le feu aux poudres.





