Affaire Patrick Bruel : garde à vue, nouvelles plaintes pour viol et une procédure judiciaire qui s’accélère
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Le parquet de Nanterre a confirmé la situation dans un communiqué officiel, précisant que la procédure concerne, à ce stade, treize victimes présumées. Les faits reprochés au chanteur s’étendent sur plusieurs décennies : des agressions sexuelles et tentatives de viol auraient été commises en 1997, 2000 et 2001, selon les premiers éléments portés à la connaissance du public.
Cette garde à vue intervient dans la continuité de récentes dépositions enregistrées par les services judiciaires, dans un dossier qui prend chaque semaine davantage d’ampleur.
Deux nouvelles plaintes pour viol déposées, d’autres annoncées
Les premières plaintes formellement enregistrées
C’est le média Mediapart qui avait initialement révélé l’existence des premières plaintes déposées contre Patrick Bruel. Deux femmes ont officiellement franchi le pas.
La première est Florima Treiber, ancienne Miss Alsace, qui accuse le chanteur de viol pour des faits qui se seraient produits lors du concours Miss France en 2007. La seconde est Séverine, kinésithérapeute de profession, qui affirme avoir rencontré l’artiste après un concert donné à Grenoble en l’an 2000. Ces deux plaintes ont respectivement été déposées les 27 mai et 3 juin 2026, comme l’a confirmé Franceinfo.
Les deux femmes sont représentées par Maître Corinne Herrmann, avocate également connue pour défendre Flavie Flament — journaliste et animatrice qui s’était publiquement exprimée, plusieurs années auparavant, sur des violences sexuelles dont elle avait été victime dans son passé.
Deux nouvelles plaintes imminentes
Lors d’une intervention sur le plateau de BFMTV, Maître Herrmann a annoncé que deux nouvelles plaintes pour viol seraient déposées “lundi ou mardi” de la semaine suivante, soit dans les jours qui suivent immédiatement la garde à vue. Ces nouvelles plaignantes ont, selon l’avocate, fait le choix de réserver leur parole à la justice, préférant s’exprimer devant un juge d’instruction plutôt que face aux médias.
“Ce sont des clientes qui réservent leur parole à la justice, qui souhaitent être entendues par le juge d’instruction. Elles ne se sont jamais exprimées, c’est difficile pour ces victimes de s’exprimer. Elles ne souhaitent pas s’exprimer publiquement pour l’instant.”
Cette position, fréquente dans les affaires sensibles, s’explique par la volonté de ne pas fragiliser la procédure judiciaire en multipliant les interventions médiatiques avant que la justice n’ait pu se prononcer.
La question de la prescription : un point juridique décisif
Une série de faits qui écarte la prescription
L’un des aspects les plus commentés par les juristes dans ce dossier est la question de la prescription. En droit pénal français, la prescription des crimes sexuels commis sur des majeurs est en principe de 20 ans à compter de la commission des faits. Si certains des actes reprochés datent de la fin des années 1990 ou du début des années 2000, ils pourraient à première vue sembler prescrits.
Mais Maître Herrmann a rappelé un principe fondamental : “Il n’y a pas de prescription dans ce dossier dès lors qu’il y a une série.” En effet, lorsque les infractions s’inscrivent dans une suite continue d’actes similaires — ce que le droit qualifie parfois de “infractions connexes” ou de comportements sériels —, le calcul du délai de prescription peut être différé ou suspendu.
L’avocate a également souligné que les faits reprochés à Patrick Bruel “s’étendent sur trente années”, une durée qui renforce l’idée d’une possible continuité délictuelle. Cette dimension sérielle du dossier est susceptible d’influencer significativement l’appréciation des juges sur la recevabilité des plaintes, même les plus anciennes.





