Céline Dion victime de bodyshaming après son retour sur scène à Paris : quand la performance artistique laisse place à la critique physique
Après son retour sur scène à Paris, samedi 12 septembre 2026, la chanteuse canadienne est victime de bodyshaming sur les réseaux sociaux, dénoncé par le compte féministe lachetonassiette.

Consciente des limites imposées par sa maladie, l’artiste de 58 ans a adapté certains passages de ses chansons à l’évolution actuelle de sa voix, sans pour autant renoncer aux morceaux les plus exigeants vocalement. Ce choix témoigne d’une volonté claire : continuer à offrir une performance authentique et sincère à son public, plutôt que de se dissimuler derrière des artifices techniques. Visiblement très émue dès les premières minutes du spectacle, la chanteuse a livré un moment que de nombreux témoins ont qualifié d’intense et de bouleversant.
Une garde-robe de haute couture au service de l’événement
Le retour parisien de Céline Dion ne s’est pas limité à ses prestations vocales. Depuis son arrivée dans la capitale française, l’artiste a multiplié les apparitions publiques très remarquées, associées à des looks minutieusement travaillés. Sur scène comme en dehors, elle a arboré des silhouettes signées par de grandes maisons de couture, parmi lesquelles Dior, Givenchy et Schiaparelli. Chacune de ses apparitions est ainsi devenue un événement à part entière, largement commenté dans la presse spécialisée mode autant que dans la presse musicale.
Cette dimension stylistique n’est pas anodine : elle témoigne d’une volonté de l’artiste de continuer à s’affirmer pleinement dans l’espace public, sur ses propres termes, en dépit de la maladie. C’est précisément ce contraste — entre une image publique maîtrisée et des commentaires privés violents relayés en ligne — qui rend la polémique actuelle d’autant plus frappante.
Bodyshaming : un phénomène loin d’être isolé
Le cas de Céline Dion n’est malheureusement qu’un exemple parmi tant d’autres. Ces dernières années, de nombreuses personnalités féminines ont été confrontées à des vagues de commentaires similaires, qu’il s’agisse de remarques sur une prise de poids, un vieillissement jugé « trop visible », ou à l’inverse une perte de poids perçue comme suspecte. Ce climat de jugement permanent illustre une pression esthétique disproportionnée qui pèse presque exclusivement sur les femmes exposées médiatiquement.
Pourquoi ces commentaires prolifèrent-ils sur les réseaux sociaux ?
Plusieurs facteurs expliquent l’ampleur que peut prendre ce phénomène en ligne :
- L’anonymat relatif offert par certains comptes ou pseudonymes, qui réduit le sentiment de responsabilité des auteurs de commentaires.
- L’effet de meute, qui pousse certains internautes à surenchérir dans la violence des propos une fois qu’un premier commentaire négatif a été publié.
- La logique algorithmique des plateformes, qui favorise souvent les contenus polémiques ou clivants, indépendamment de leur teneur morale.
- La déshumanisation progressive des figures publiques, perçues davantage comme des images que comme des personnes ayant une vie, une santé et une sensibilité propres.
Le rôle des comptes de dénonciation comme lachetonassiette
Face à cette réalité, des initiatives comme celle du compte lachetonassiette jouent un rôle de vigie. En rassemblant et en republiant les commentaires les plus problématiques, ces comptes cherchent à documenter l’ampleur du phénomène et à responsabiliser leurs auteurs, souvent surpris de voir leurs propos mis en lumière hors du contexte anonyme des réseaux sociaux. Cette démarche s’inscrit dans un mouvement plus large de lutte contre le sexisme en ligne, porté depuis plusieurs années par différents collectifs féministes en France.
Santé, image publique et pression médiatique : un équilibre difficile à trouver
Le cas de Céline Dion illustre également une problématique plus large : celle de la difficulté, pour une personnalité publique touchée par la maladie, de continuer à exister dans les médias sans que son état de santé ne devienne un sujet de commentaire permanent, y compris de la part du grand public. Cette situation soulève des questions légitimes sur la place que notre société accorde à la maladie chronique et à la vulnérabilité physique, y compris — et peut-être surtout — lorsqu’il s’agit de personnes que l’on perçoit habituellement comme inaccessibles ou invulnérables du fait de leur notoriété.
Le syndrome de la personne raide, dont souffre Céline Dion, reste par ailleurs largement méconnu du grand public. Sa médiatisation à travers le parcours de la chanteuse a néanmoins permis de sensibiliser une partie de l’opinion à cette pathologie rare, à ses symptômes invalidants et à l’impact qu’elle peut avoir sur la vie quotidienne, professionnelle et sociale des personnes qui en sont atteintes. Ce type d’exposition médiatique, bien qu’imparfaite, contribue indirectement à une meilleure compréhension des maladies neurologiques rares, souvent invisibles pour l’entourage et pour le public.
Un débat de société qui dépasse le simple fait people
Au-delà de la personne de Céline Dion, cette affaire relance un débat plus vaste sur la manière dont les internautes s’autorisent à commenter le corps d’autrui, en particulier celui des femmes en position de visibilité publique. Elle interroge également la responsabilité des plateformes numériques dans la modération de propos dégradants, ainsi que le rôle que peuvent jouer les médias et les comptes engagés pour rendre visibles ces dérives et, à terme, contribuer à les faire reculer.
Ce retour sur scène de Céline Dion, qui aurait dû être uniquement synonyme de célébration et d’émotion partagée, illustre ainsi de manière frappante la persistance d’un regard critique et souvent cruel porté sur le corps des femmes publiques, y compris lorsque celui-ci porte les traces visibles d’un combat contre la maladie. Un rappel que le chemin vers un espace numérique plus respectueux reste, à bien des égards, encore long à parcourir.





