École maternelle à Paris : 9 agents suspendus, 73 familles portent plainte contre la mairie
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Face à la gravité de ces révélations, la mairie de Paris a réagi sans délai. Selon les déclarations transmises à l’AFP et rapportées par TF1info le lundi 16 février 2026, la municipalité a indiqué avoir suspendu immédiatement les agents identifiés comme auteurs de comportements inappropriés dès le visionnage des images. La mairie a également précisé que, dans les jours suivants, de nouveaux signalements émanant de parents d’élèves avaient été pris en compte, élargissant le périmètre de l’enquête interne.
Neuf agents suspendus pour des faits graves
Au total, neuf membres du personnel ont fait l’objet d’une suspension. Les accusations portées à leur encontre sont particulièrement lourdes : violences physiques, violences à caractère sexuel, ainsi qu’une “posture professionnelle inappropriée” envers des enfants en bas âge. Ces faits se seraient produits au sein de l’école maternelle Saint-Dominique, située dans le 7e arrondissement de Paris.
Cette information, initialement révélée par Mediapart, a depuis été confirmée par l’AFP. Elle s’inscrit dans un contexte plus large de vigilance accrue autour des conditions d’encadrement des enfants dans les structures périscolaires et scolaires parisiennes, où plusieurs signalements similaires ont émergé ces derniers mois.
73 familles se mobilisent et portent plainte collectivement
Face à l’ampleur des révélations, 73 parents d’élèves ont pris la décision de se constituer en action collective. Ils ont saisi le parquet de Paris pour plusieurs chefs d’accusation : violences volontaires sur mineurs, mise en danger délibérée d’autrui, et délaissement d’une personne hors d’état de se protéger en raison de son âge.
Cette plainte ne concerne pas uniquement l’école Saint-Dominique. Elle implique également des familles dont les enfants sont scolarisés dans les écoles Rapp et La Rochefoucauld, situées dans le même secteur. Les parents plaignants estiment que leurs enfants ont pu être confiés à des personnes insuffisamment formées, voire à des individus potentiellement dangereux, sans que les dispositifs de contrôle en place n’aient permis de détecter ces situations à temps.
La parole de l’avocat des familles
Me Florian Lastelle, qui représente les familles à l’origine de cette action collective, a expliqué les motivations de cette démarche. Selon lui, l’objectif premier de cette plainte groupée est de rappeler à l’administration parisienne une obligation fondamentale : garantir la sécurité totale des enfants confiés à l’école, mais aussi aux structures périscolaires et aux centres de loisirs.
L’avocat a néanmoins insisté sur la gravité particulière de certains éléments du dossier, notamment ceux à caractère sexuel. Il a souligné que ces aspects préoccupants justifiaient pleinement l’intervention de la justice, afin que toute la lumière puisse être faite sur l’ensemble des faits reprochés aux agents mis en cause.
Une affaire qui s’inscrit dans un phénomène plus large
Le collectif SOS périscolaire, qui suit de près les questions de maltraitance dans le cadre scolaire et périscolaire, a livré à Mediapart une analyse alarmante de la situation. Selon les fondatrices du collectif, jamais une affaire d’une telle ampleur n’avait été recensée jusqu’ici, que ce soit en nombre de familles signalantes, d’animateurs suspendus, d’écoles concernées, ou de types de violences évoquées.
Cette déclaration prend tout son sens lorsqu’on la met en perspective avec les chiffres communiqués par la mairie de Paris elle-même. La municipalité a en effet confirmé que vingt agents avaient déjà été suspendus en 2025 pour des faits de violences sexuelles, un chiffre qui témoigne de l’ampleur préoccupante du phénomène au sein des structures éducatives et périscolaires parisiennes.





