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BIEN ETRE

Elle a quitté Madrid pour un village de 9 habitants : le pari fou de Lucía en Galice

À 27 ans, elle vit avec presque rien… et son budget courses est hallucinant 😳

Le potager, pilier de son autonomie alimentaire

Loin de se contenter de cette situation, Lucía nourrit l’ambition d’aller encore plus loin dans la réduction de sa dépendance aux circuits de distribution classiques. Son objectif : agrandir son potager autant que possible, année après année, pour couvrir une part toujours plus large de son alimentation.

Aujourd’hui déjà, ses déplacements en supermarché se limitent à l’essentiel : quelques produits impossibles à produire soi-même, comme le riz ou l’huile. Tout le reste — légumes, herbes, une partie de ses protéines grâce à ses futurs animaux d’élevage — provient directement de son terrain ou de la cueillette aux alentours.

« Vivre à la campagne ne coûte pas cher quand on a ses propres animaux et un potager », résume-t-elle avec simplicité. Une phrase qui, en creux, pose une vraie question de société : et si la meilleure façon de se prémunir contre l’inflation alimentaire et la hausse constante du coût de la vie consistait justement à reprendre la main sur sa propre production ?

Pourquoi tout quitter pour la campagne ? Le déclic de Lucía

Le choix de Lucía ne relève pas de l’improvisation. Depuis l’enfance, elle nourrit un attachement profond à la nature, un intérêt qui n’a fait que se renforcer avec les années jusqu’à structurer littéralement son parcours de vie. Elle est ainsi titulaire d’un diplôme spécialisé dans l’agriculture durable, une formation qui lui a donné les bases techniques nécessaires pour se lancer, une fois le moment venu, dans son propre projet agricole.

En quittant Madrid, elle dit avoir tourné la page sur un ensemble de nuisances devenues, avec le temps, difficiles à supporter : la pollution de l’air, le bruit permanent, les embouteillages du quotidien, mais aussi un sentiment d’insécurité parfois présent dans les grandes agglomérations. Des désagréments que beaucoup de citadins connaissent bien, et qui alimentent depuis plusieurs années une réflexion plus large sur la qualité de vie en ville par rapport à la campagne.

Son arrivée dans ce village presque fantôme a été, selon ses propres mots, une véritable révélation. « Je suis arrivée ici et j’ai ressenti quelque chose. Je me suis dit : je reste, c’est chez moi », raconte-t-elle, encore émue par ce souvenir.

La désertification rurale en Espagne : un phénomène de fond

L’histoire de Lucía ne peut se comprendre sans la replacer dans son contexte national. Depuis les années 1950-1960, l’Espagne connaît un exode rural massif, qui a vidé des régions entières de leurs habitants au profit des grandes villes comme Madrid, Barcelone ou Valence. Ce phénomène, que les Espagnols eux-mêmes désignent sous le terme de « España vaciada » (l’Espagne vidée), a laissé derrière lui des milliers de villages fantômes, particulièrement concentrés dans des régions comme la Galice, l’Aragon ou la Castille.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : environ 3 000 villages sont aujourd’hui considérés comme totalement abandonnés à travers le pays. Une réalité qui pose des défis considérables en matière d’aménagement du territoire, de maintien des services publics et d’accès aux soins pour les rares habitants encore présents dans ces zones.

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