Pape Léon XIV : une affaire d’abus sexuels ressurgit dès l’élection et pose la question de la responsabilité des institutions
LE VATICAN EST SOUS LE CHOC. Il est sorti à la lumière...Voir plus

Une élection historique aussitôt rattrapée par une polémique
À peine installé sur le trône de Saint-Pierre, le nouveau pape se trouve confronté à un dossier sensible : la gestion, il y a plus de vingt ans, d’un cas d’abus sexuels sur mineurs. Le jeudi 8 mai, le cardinal américain Robert Francis Prevost a été désigné 267ᵉ pontife de l’histoire de l’Église catholique. Il succède à François, mort à 88 ans, le lundi 21 avril. Premier pape américain de l’histoire, il a choisi de régner sous le nom de Léon XIV.
Depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre, le cardinal français Dominique Mamberti a annoncé son nom à la foule et au monde entier. Mais pendant que les cloches de Rome sonnaient encore, une controverse, relayée notamment par le magazine Gala, est venue assombrir les premières heures de son pontificat. Elle rouvre un débat qui dépasse largement la personne du nouveau pape : celui de la responsabilité des institutions face aux violences sexuelles commises sur des enfants.
Pourquoi ce sujet dépasse le cadre religieux
Un tel dossier ne se limite pas à la dimension spirituelle. Il touche à des questions très concrètes, que se posent aujourd’hui les organisations de toute nature : gouvernance, gestion des risques, responsabilité civile, indemnisation des victimes et protection de l’enfance. Quand une institution tarde à agir, les conséquences sont humaines, juridiques et financières, et elles durent parfois des décennies.
Pour les victimes, la reconnaissance des faits n’est qu’une première étape. L’accompagnement psychologique, le suivi en santé mentale et la prise en charge des séquelles sur le long terme restent des enjeux majeurs. Les dispositifs de réparation, les procédures d’indemnisation et les mécanismes d’assurance responsabilité civile des organisations sont aussi devenus des sujets de société, y compris en France, où le rapport de la CIASE (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église), publié en 2021, a profondément marqué l’opinion. Il a évalué à environ 330 000 le nombre de personnes mineures victimes depuis 1950 dans l’Église catholique française, au sein du clergé et des institutions qui en dépendent.
C’est dans ce contexte que l’élection de Léon XIV est observée de près : chaque décision passée du nouveau pontife, comme chaque geste à venir, sera examinée avec une attention particulière.
Ce que cet article propose
Nous revenons ici sur l’origine de la polémique, sur les faits rapportés par la presse, sur le parcours de Robert Francis Prevost en matière de lutte contre les abus, puis sur les enjeux de transparence et de réforme qui attendent l’Église sous son pontificat.
Les faits : une affaire remontant à l’an 2000
Un parcours à la tête des Augustins
Pour retracer l’origine de la polémique, le journal Le Figaro est remonté à la fin des années 1990. En 1998, Robert Francis Prevost est élu à la tête de la province augustinienne Notre-Dame-du-Bon-Conseil. Il exerce cette lourde responsabilité à Chicago de 1999 à 2001. C’est à cette période que se situe l’épisode aujourd’hui remis en lumière.
L’hébergement d’un prêtre condamné
Au cœur de l’affaire, il y a la décision d’accueillir un religieux reconnu coupable d’abus sexuels sur mineurs. Selon les éléments rapportés, en septembre 2000, celui qui est devenu Léon XIV a autorisé l’installation de ce prêtre dans un prieuré augustinien situé à proximité d’une école primaire. À l’époque, la presse américaine avait déjà vivement critiqué cette attitude. Aujourd’hui encore, le choix paraît incompréhensible à beaucoup d’observateurs, quand bien même le contexte juridique et les pratiques de l’époque doivent être pris en compte pour apprécier les faits.





