Remboursement des séances de kinésithérapie : vers une réforme majeure de l’Assurance maladie en 2027
Assurance maladie : vers une baisse des remboursements des soins chez le kiné ? Voir Plus…👇👇

Le vieillissement de la population constitue en effet un facteur structurel majeur. Les besoins en rééducation fonctionnelle, en kinésithérapie respiratoire ou encore en accompagnement post-chirurgical augmentent mécaniquement avec l’âge. Cette tendance démographique de fond touche également d’autres secteurs de la protection sociale, notamment celui des complémentaires retraite et des contrats de prévoyance, où les assureurs adaptent progressivement leurs grilles tarifaires pour tenir compte de l’allongement de l’espérance de vie.
Un maillage territorial très déséquilibré
L’un des constats les plus frappants de cette étude concerne la répartition géographique des kinésithérapeutes. Si l’on compte en moyenne 120 professionnels pour 100 000 habitants à l’échelle nationale, ce chiffre masque d’énormes disparités locales. En Seine-Saint-Denis, on ne dénombre que 47 kinésithérapeutes pour 100 000 habitants, contre 269 dans les Hautes-Alpes, soit près de six fois plus.
Cette fracture territoriale n’est pas sans conséquence sur l’accès aux soins : environ 30 % de la population française vit aujourd’hui dans une zone considérée comme insuffisamment dotée en professionnels de kinésithérapie. Une situation qui rappelle les problématiques de désertification médicale déjà bien connues pour les médecins généralistes, et qui pousse de nombreux foyers à souscrire une mutuelle santé haut de gamme incluant des garanties de téléconsultation ou de prise en charge des dépassements d’honoraires, afin de pallier les difficultés d’accès aux soins de proximité.
Les pistes de réforme envisagées par l’Assurance maladie
Une régulation de l’installation des professionnels
Face à ce déséquilibre, l’Assurance maladie envisage d’imposer, dès 2027, de nouvelles règles d’installation pour les jeunes diplômés en kinésithérapie. L’objectif : contraindre les nouveaux professionnels à exercer, au moins pendant une période donnée, au sein d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), d’un hôpital, ou dans une zone identifiée comme sous-dotée médicalement.
Cette approche s’inspire directement des dispositifs déjà expérimentés pour d’autres professions de santé, et vise à corriger structurellement les inégalités d’accès aux soins sur le territoire. Une mesure qui, si elle se concrétise, pourrait avoir des répercussions sur le marché de l’immobilier professionnel dans certaines régions, avec une demande accrue de locaux adaptés à l’installation de cabinets médicaux dans les zones rurales ou périurbaines.
Vers une remise en question du modèle « séance par séance »
Au-delà de la question de la répartition géographique, c’est le modèle même de remboursement qui est en discussion. Actuellement, chaque séance de kinésithérapie effectuée donne lieu à un remboursement individuel par l’Assurance maladie. Un système simple, mais qui pourrait évoluer vers une logique plus globale, centrée sur le parcours de soins du patient plutôt que sur le nombre d’actes réalisés.
Arnaud Barbier, vice-président de la Fédération des syndicats de kinésithérapeutes, résume cette ambition en expliquant que l’objectif est de proposer le soin le plus adapté, à la bonne personne, au bon moment, tout en tenant compte de l’émergence de nouvelles pathologies lourdes nécessitant une prise en charge spécifique.
Le forfait, une piste sérieusement étudiée
Parmi les scénarios sur la table figure la possibilité d’introduire un système de forfait pour certains types de traitements, en lieu et place du paiement à l’acte. Ce mode de financement, déjà utilisé dans d’autres domaines de la santé, permettrait potentiellement de mieux maîtriser les dépenses tout en garantissant une prise en charge cohérente sur la durée du traitement.





