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BIEN ETRE

Roselyne Bachelot sans filtre : machisme, rivalités et solidarité féminine en politique

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Résilience et méfiance : les clés de la survie

Elle résume cette réalité par une formule : même les paranoïaques ont des ennemis. Sans méfiance, assure-t-elle, la durée de survie en politique serait comparable à celle d’une personne arrêtée sur une bande d’arrêt d’urgence d’autoroute, soit environ vingt minutes. L’image est volontairement brutale, mais elle traduit une idée simple : sans vigilance permanente, on ne dure pas.

Machisme et rivalités féminines : deux phénomènes distincts

Pour Roselyne Bachelot, le machisme masculin n’explique pas tout. Il coexiste avec une rivalité entre femmes qui fragilise leur position collective. Le propos est nuancé : il ne s’agit pas d’excuser le sexisme ambiant, mais de reconnaître que les femmes pâtissent aussi de dynamiques internes qu’elles pourraient apprendre à dépasser.

La « psychologie du harem » : quand la réussite des unes passe par l’échec des autres

C’est l’un des passages les plus commentés de l’entretien. Roselyne Bachelot estime que les femmes restent marquées par ce qu’elle appelle la « psychologie du harem » : celle qui est distinguée par le sultan l’est au détriment des autres.

Transposée à la politique, cette image décrit un système où les places sont comptées. Dans un univers où peu de femmes accèdent aux postes de pouvoir, chacune a le sentiment de ne pouvoir réussir que si les autres échouent. Cette logique d’exclusion empêche la construction d’alliances solides.

Son diagnostic est sans appel : les femmes doivent apprendre à travailler en réseau. Un réseau n’est pas un luxe, c’est un outil de survie et de progression. Il permet de partager des informations, de se soutenir dans les moments difficiles et de porter collectivement des dossiers que l’on aurait du mal à défendre seule.

La solidarité féminine, une nécessité plutôt qu’une option

Une conviction mise en pratique

Roselyne Bachelot ne se contente pas de théoriser. Elle affirme avoir voulu que les femmes du gouvernement soient des amies, qui sachent pouvoir compter sur elle. La solidarité devient alors une méthode de travail, pas un simple slogan.

Un exemple concret : prendre la place des plus jeunes

Elle cite des situations précises. Lors de débats parlementaires nocturnes ou organisés le week-end, elle a remplacé de jeunes ministres afin qu’elles puissent s’occuper de leurs enfants. Ce geste illustre ce que peut être l’entraide au quotidien : un partage de la charge, une disponibilité, une confiance réciproque.

Pour elle, cette entraide est cruciale si les femmes veulent réellement s’imposer dans le milieu politique. La conciliation entre vie professionnelle et vie familiale reste un obstacle majeur, et la solidarité entre collègues peut en atténuer le poids.

Un engagement associatif et un combat pour la féminisation

L’ancienne ministre souligne aussi son engagement auprès d’associations féminines et féministes. Elle rappelle avoir toujours travaillé avec des femmes de toutes sensibilités politiques, preuve selon elle que la coopération est possible au-delà des clivages partisans.

Elle évoque également son combat pour la féminisation de son parti, l’UMP à l’époque, devenue depuis Les Républicains, et son espoir de voir émerger davantage de femmes à des postes de pouvoir. Cette expérience du travail en réseau est, à ses yeux, l’une des clés de la réussite féminine en politique, et l’expression d’un véritable esprit de sororité.

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