Médicaments à éviter en 2024 : la liste noire de Prescrire et ce que votre mutuelle santé ne remboursera jamais
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4. Chondrosulf : l’arthrose et les faux espoirs de la chondroïtine
L’arthrose est l’une des pathologies rhumatismales les plus répandues en France, affectant des millions de personnes et générant un coût humain et économique considérable. Dans ce contexte, le Chondrosulf — à base de chondroïtine sulfate — est largement vendu comme un traitement capable de ralentir la dégradation du cartilage et d’améliorer la mobilité articulaire.
Le problème ? Les études disponibles ne confirment pas ces allégations. Aucune démonstration clinique pertinente n’a établi que ce complément améliore significativement la douleur ou la fonction articulaire par rapport à un placebo. Le Chondrosulf appartient en réalité à la catégorie des compléments alimentaires, ce qui explique qu’il n’ait jamais bénéficié d’un remboursement par l’Assurance maladie.
À l’absence de preuve d’efficacité s’ajoute un risque, certes peu fréquent mais potentiellement grave : des réactions allergiques sévères incluant urticaire, œdème de Quincke et choc anaphylactique ont été recensées. Des troubles digestifs tels que nausées et diarrhées sont également fréquents. Acheter ce produit en pharmacie ou en parapharmacie représente une dépense injustifiée, qui ne sera couverte ni par votre remboursement Sécu, ni par votre contrat de complémentaire santé.
Que faire si vous prenez l’un de ces médicaments ?
La première règle est de ne jamais interrompre brutalement un traitement médical sans avis médical. Certains de ces produits — notamment Ondexxya, utilisé exclusivement en milieu hospitalier — ne posent pas ce problème dans la pratique courante. Pour les autres, il convient de consulter votre médecin pour réévaluer l’intérêt du traitement et explorer les alternatives.
Il est également utile de vérifier vos dépenses de santé. Si vous payez de votre poche des traitements non remboursés et d’efficacité douteuse, vous dépensez des ressources qui pourraient financer des soins réellement utiles ou améliorer votre couverture santé globale — en souscrivant à une mutuelle avec meilleure prise en charge, ou en réorientant vos dépenses vers des thérapies validées.
Tableau récapitulatif : les quatre médicaments à éviter selon Prescrire
| Médicament | Indication | Effets indésirables | Efficacité |
|---|---|---|---|
| Ondexxya (andexanet alfa) | Hémorragies sous anticoagulants | Thromboses, AVC | Non démontrée |
| Géfapixant | Toux chronique | Perte du goût (50 %), pneumonie | Modeste |
| Veoza (fézolinétant) | Bouffées de chaleur (ménopause) | Toxicité hépatique grave | Modeste |
| Chondrosulf | Arthrose | Allergies graves, troubles digestifs | Non démontrée |
Prescrire : une voix indépendante dans un monde sous influence
Fondée sous l’égide de l’Association Mieux Prescrire (AMP), la revue Prescrire existe depuis plus de quarante ans et s’est imposée comme une référence incontournable dans l’évaluation critique du médicament. Sa spécificité ? Un financement exclusivement assuré par les abonnements, sans aucune publicité ni subvention de l’industrie pharmaceutique.
Cette indépendance totale lui confère une liberté de parole rare dans un secteur où les conflits d’intérêts sont fréquents. Sa liste « À éviter » est régulièrement mise à jour et fait autorité auprès de nombreux professionnels de santé, même si certains lui reprochent parfois une sévérité excessive dans ses évaluations. Elle reste néanmoins un outil précieux pour les patients souhaitant s’informer de manière fiable.
Dans un système de santé où la transparence sur le médicament est encore insuffisante, et où les patients doivent souvent jongler entre prescriptions multiples, coûts de santé croissants et offres de mutuelles santé pléthoriques, disposer d’une source d’information indépendante et rigoureuse est un atout majeur pour prendre des décisions éclairées.
Conclusion : moins de médicaments, mais les bons
La publication de décembre 2024 de Prescrire est un rappel salutaire : l’existence d’un médicament en pharmacie ne garantit ni son utilité, ni son innocuité. Les quatre traitements pointés du doigt — Ondexxya, géfapixant, Veoza et Chondrosulf — illustrent une réalité bien connue des spécialistes mais trop peu communiquée au grand public : certains produits génèrent des risques réels sans apporter de bénéfice démontré.
La bonne pratique reste inchangée : ne prenez que les traitements dont vous avez réellement besoin, à la dose appropriée, pour la durée strictement nécessaire. Consultez votre médecin avant toute décision thérapeutique, et n’hésitez pas à poser des questions sur le rapport bénéfice-risque de chaque traitement prescrit. Votre santé — et votre portefeuille — vous remercieront.



